Rechercher

Exemple : musée

écoutez

 
 

Dix rêves de pierre (Blandine Le Callet)

note: 410 histoires, 10 vies Marie, MMC - 25 janvier 2014 écoutez

L'auteur nous propose de partir de la mort pour imaginer la vie. Un recueil doux à lire. Un bon moment [...]

La ferme du crime (Andrea Maria Schenkel)

note: 4Un livre angoissant qu'on ne lâche pas ! - 8 novembre 2011 écoutez

La violence, la folie du désir, un "incident" historique et le lecteur qui veut savoir, même si lorsqu'il se retrouve [...]

écoutez



La médiathèque communautaire conserve un traité d'architecture de Sebastiano Serlio,  « Règles générales de l’architecture, sur les cinq manières d’édifices, à savoir, toscane, dorique, ionique, corinthienne et composite, avec les exemples d’antiquités, selon la doctrine de Vitruve »
Il s'agit de l'un des rares exemplaires connu en France de cet ouvrage traduit et imprimé à Anvers en 1542 par Pierre Van Aelst.

 

Lectures en ligne


Numérisé en 2004 par le service communication de la ville de Moulins ; nous vous proposons de feuilleter le traité d'architecture de Sebastiano Serlio.

Consultez également la transcription de ce traité, réalisée en 2010 par des étudiants du Centre d'Études Supérieures de la Renaissance de Tours. Téléchargez la transcription du traité.

 

Le traité d'architecture de Sebastiano Serlio

Reigles generales de l’Architecture, sur les cincq manieres d’edifices, ascavoir, Thuscane, Doricque, Ionicque, Corinthe, & Composite, auec les exemples danticquitez, selon la doctrine de Vitruve.

ANNO/ 1542

À la fin de l’ouvrage : « Fin de le. IIIIe. liure d’architect. Sebastien Serlii, translate & imprime en Anvers par Pierre van Aelst. »

 

Présentation

 Le peintre, entrepreneur et libraire de l’Empereur Pieter Coecke van Aelst avait entrepris de traduire les cinq livres de Sebastiano Serlio en français, néerlandais et allemand. Les ouvrages in-folio, en caractères romains, s’adressaient aux milieux humanistes déjà familiers de Vitruve et d’Alberti. Le Livre IV, qui diffusait le nouveau langage à l’antique fondé sur les cinq ordres d’architecture, fut le premier à être traduit, d’abord en néerlandais en 1539, puis en français et en allemand en 1542. La première version française est aujourd’hui rarissime. On n’en connaît que quelques exemplaires (Londres, collection privée ; bibliothèque de l’université de Yale). La bibliothèque municipale de Moulins possède l’unique exemplaire conservé en France.
          La traduction française suit de près l’édition néerlandaise pour la mise en page et les illustrations. En 1542 toutefois Pieter Coecke propose une nouvelle page de titre à grotesques et ajoute une dédicace à la régente des anciens Pays-Bas Marie de Hongrie, qui aime « lire livres, ceux principalement, qui remémorent choses antiques et authentiques ». Il revendique la traduction du « présent livre, traduit d’italien en français, contenant les règles générales d’architecture, concordantes à la plupart avec les écrits de Vitruve », sans mentionner le nom de Serlio qui n’apparaît qu’à la dernière ligne de l’ouvrage.
          Les chapitres consacrés à la fin du volume au second œuvre sont remaniés comme dans l’édition néerlandaise, avec l’alphabet romain qui remplace les blasons, et un texte adapté pour la circonstance. Coecke recompose les deux planches LXXIVv° et LXXV, et reprend quelques motifs du folio LXXIV qu’il associe sur le feuillet 71 au nouveau texte. Cependant la version française tient compte de la version revue par Serlio en 1540, où figurent deux nouvelles planches : elle intègre en effet celle du feuillet LXXIII mais non celle du verso.
          Pour la traduction Coecke avait déjà été confronté au problème linguistique du lexique vitruvien qu’il avait dû inventer pour la traduction néerlandaise et qu’il transposa pour la version française. Dans le cas présent il disposait en outre de la version française du traité de Sagredo (Medidas del romano, Tolède, 1526) publiée par Simon de Colines en 1536 et rééditée en 1539 et 1542. Il lui emprunte des mots tels que « bozel », utilisé par les ouvriers pour désigner la moulure dite par Vitruve astragale (astragalus), mais aussi des termes savants tels que « architrave », « frise », « trochile », « scotie », « triglyphes », « métopes »... Il supprime logiquement les doublets, impossibles à traduire (« detto tondino » ; « che altri dicono cavetto », etc.). Il laisse en italien les noms des monuments ou sites (« capo de la militia trayana », f. 9v° ; « carcer Tulliano », « foro boario », f. 18) ou des régions, omettant parfois le nom de la ville (« Auderzo nel Friulle », f. 37v°) ; il transpose l’italien « stanze » en « stanties », « sima » qui désigne la doucine sommitale du fronton en « scime », « cimatio lesbio » en « cimatie lesbie » ; « hiperthiro » en « hipertire », « antipagmento » en « antipagmente », quand il ne reprend pas tel quel le mot italien (« lacunarii »). En revanche il latinise des expressions : l’italien « sima scalptura » est corrigé en « sima sculptura » (f. 20).
          Il ajoute parfois au texte des parenthèses : « (ainsi qu’avez ouï) », « (appelés de Vitruve subténies) »... D’autres fois il glose de façon surprenante : « se pur l’Architetto vorrà fare una porta Dorica semplice et di poco ornamento » (1537, f. XXIVv°) est ainsi traduit « si donc l’architecte veut faire un thiromatum ou huis simple et de petit enrichissement selon l’ordre dorique » (f. 21). Les divers membres « coperti di opera rustica » (1537, f. XXVIIv°) deviennent « mêlés avec le villageois » (f. 24). Il raccourcit aussi les énumérations par « etc. ».
          Il faut signaler des coquilles, imputables sans doute au typographe plutôt qu’à Coecke lui-même (« voullant » au lieu de « vouant », ou « qui couche rasibu plancher de cette loge » pour « laqual sarà al livello del Cielo di questa loggia »).
En l’état la traduction du texte de Serlio, malgré quelques imperfections, est une remarquable réussite pour les années 1540 et dénote de la part de Pieter Coecke une grande ouverture intellectuelle. Grâce à ses éditions en plusieurs langues et à leurs rééditions qui prirent en compte les révisions de Serlio, il diffusa rapidement la théorie architecturale la plus moderne dans toute l’Europe du Nord. Vredeman de Vries saura s’en souvenir.

Frédérique LEMERLE (CNRS, Tours, CESR) - 2006

 

Bibliographie critique établie par F. Lemerle (CNRS, Tours, CESR)

J. Bury, « Serlio, Some Bibliographical Notes », Sebastiano Serlio, Milan, Electa, 1969, p. 92-101.

A. Corbet, Pieter Coecke van Aelst, Anvers, De Stikkel, coll. Maederlandtbibliotheek 21, 1950.

K. De Jonge, « Anticse Wercken : la découverte de l’architecture antique dans la pratique architecturale des anciens Pays-Bas. Livres de modèles et traités (1517-1599) », Théorie des arts et création artistique dans l’Europe du Nord du XVIe au début du XVIIe siècle, Textes réunis par M.-C. Heck, F. Lemerle et Y. Pauwels, Lille, PUL, collection UL3 Travaux et Recherches, 2002, p. 55-74.

K. De Jonge, « Les éditions de la traduction française du Livre IV par Pieter Coecke van Aelst à Anvers en 1542 et 1545 », Sebastiano Serlio à Lyon. Architecture et imprimerie, sous la direction de Sylvie Deswarte Rosa, Lyon, Mémoire active, 2004, vol. 1, p. 275-277.

H. de la Fontaine Verwey, « Pieter Coecke van Aelst and the Publication of Serlio’s Book on Architecture », Quærendo, 6, 1976, p. 166-194.

W. Kuyper, The Triumphant Entry of Renaissance Architecture into the Netherlands. The Joyeuse Entrée of Philip of Spain into Antwerp in 1549, Renaissance and Manierism Architecture in the Low Countries from 1530 to 1630, Alphen aan den Rijn, Canaletto, 1994.

J. Offerhaus, « Pieter Coecke et l’introduction des traités d’architecture aux Pays-Bas », Les traités d’architecture de la Renaissance, Paris, Picard, 1988, p. 443-452.

Y. Pauwels, « Propagande architecturale et rhétorique du Sublime : Serlio et les “Joyeuses entrées” de 1549 », Gazette des entrepreneur, CXXXVII, mai-juin 2001, p. 221-236.

Y. Pauwels, « Fête, propagande et image imprimée : les “Joyeuses entrées” de Gand et d’Anvers (1549) », Espaces de l’image, textes réunis et présentés par R. Crescenzo, Nancy, 2002, Université de Nancy 2/Université de Metz, p. 167-188.

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/traite/Notice/Serlio1542.asp?param=

[mise à jour le 22 mai 2011]

Retour Haut