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Avis de lecteurs

Beate et Serge Klarsfeld (Pascal Bresson)

note: 5Admirable FM - 28 novembre 2020

Qui n’a pas un jour entendu parler du combat de la famille Klarsfeld ? Avec ce roman graphique adapté des mémoires de Beate et Serge Klarsfeld, nous suivons le chemin [...]

Le chant de la pluie (Sue Hubbard)

note: 5Retour en Irlande Agnès MMC - 12 décembre 2020

Martha, professeure à Londres, vient de perdre son mari Brendan, critique d'art et galeriste. Elle retourne dans le cottage qu'il possédait dans son village natal, sur la côte ouest [...]

Oh happy day (Anne-Laure Bondoux)

note: 4Fait du bien au moral Victoria, MMC - 27 février 2021

A la fin de "Et je danse aussi", notre duo de personnages étaient sur le point de se rencontrer pour la première fois, après des mois assidus de correspondance. On [...]

Romy et Julius (Marine Carteron)

note: 5Très plaisant ! Victoria, MMC - 5 décembre 2020

Cette réécriture de Roméo et Juliette à la sauce moderne m’a tout simplement enchantée !

Nous avons affaire à deux ados : d’un côté Romy, fille du boucher du village, de [...]

Méthode 15-33 (Shannon Kirk)

note: 4Belle surprise Céline - 9 août 2020

J'ai découvert ce livre totalement par hasard dans un rayon de la médiathèque et j'avoue avoir été agréablement surprise.
Le roman est de très bonne qualité, l'intrigue aussi, on est vite [...]

V (Havok)

note: 5Trash is not dead ! Emmanuel - 17 novembre 2020

Havok fait du trash. Il n'y a pas d'ambigüité sur la question : tout est à fond, martelé, brutale, hurlé, structuré,... la rage mise en musique. On pourrait dire d'Havok [...]

Kamel Daoud

 
Kamel Daoud. Source: Wikipedia

Kamel Daoud (arabe : كمال داود), né le à Mesra (wilaya de Mostaganem), en Algérie, est un écrivain et journaliste algérien d'expression française, lauréat du prix Goncourt du premier roman en 2015.

Entré en 1994 au Quotidien d'Oran, il y a ensuite été rédacteur en chef pendant huit ans. Il est également chroniqueur et éditorialiste pour différents médias, dont Le Point, Le Monde des religions et le New York Times.

Biographie

Famille et formation

Kamel Daoud est le fils d'un gendarme et d'une femme de la bourgeoisie terrienne de Mesra. Aîné d'une fratrie de six enfants, il est le seul qui ait fait des études supérieures.

Après un baccalauréat scientifique, il fait des études de lettres françaises. S'il écrit en français et non en arabe, c'est, dit-il, parce que « la langue arabe est piégée par le sacré, par les idéologies dominantes. On a fétichisé, politisé, idéologisé cette langue. »

Islamiste durant l'adolescence, il quitte cette mouvance à l'âge de 18 ans et participe à la manifestation antigouvernementale du 5 octobre 1988 à Mostaganem. Il ne se pense plus comme musulman pratiquant.

« La rencontre ou non avec Dieu, c'est de l'ordre de l'intime, c'est une expérience qu'on ne peut pas partager. »

Il divorce de son épouse en 2008 après la naissance de deux enfants.

Carrière de journaliste

En 1994, il entre au journal francophone Le Quotidien d'Oran, y publie trois ans plus tard sa première chronique, intitulée « Raina raikoum » (« Notre opinion, votre opinion »). Il y est ensuite rédacteur en chef pendant huit ans. Selon lui, il a pu avoir, au sein de ce journal « conservateur », la liberté d'être « caustique », notamment envers Abdelaziz Bouteflika, même si parfois il a dû publier ses articles sur Facebook en raison de l'autocensure.

Chroniqueur dans différents médias, il est éditorialiste du journal électronique Algérie-focus et ses articles sont également publiés dans Slate Afrique.

Le 12 février 2011, il est brièvement arrêté dans le cadre d'une manifestation.

Littérature

Il commence à publier au début des années 2000, d’abord un récit publié en Algérie seulement, La Fable du nain (2002), puis des recueils de nouvelles dont Minotaure 504 (2011), sélectionné pour le prix Goncourt de la nouvelle et pour le prix Wepler-Fondation La Poste qui échoit finalement à Éric Laurrent.

En octobre 2013 sort son roman Meursault, contre-enquête, qui s'inspire de L'Étranger d'Albert Camus : le narrateur est en effet le frère de « l'Arabe » tué par Meursault. Le roman évoque les désillusions que la politisation de l'islam a entraînées pour les Algériens. En Algérie, le livre est l'objet d'un malentendu :

« Sans l'avoir lu, de nombreuses personnes ont pensé que c'était une attaque de L’Étranger, mais moi je n'étais pas dans cet esprit-là. Je ne suis pas un ancien moudjahid. […] Je me suis emparé de L’Étranger parce que Camus est un homme qui interroge le monde. J'ai voulu m'inscrire dans cette continuation. […] J'ai surtout voulu rendre un puissant hommage à La Chute, tant j'aime ce livre. »

L'ouvrage obtient en 2014 le prix François-Mauriac de la région Aquitaine et le prix des cinq continents de la Francophonie. Il est présent dans la dernière sélection du prix Goncourt 2014,, et est à une voix de le remporter (4 votes contre 5 pour Lydie Salvayre, qui l'obtient donc finalement). L'année suivante, il est couronné du prix Goncourt du premier roman 2015.

En 2015, Meursault, contre-enquête est adapté en monologue théâtral par Philippe Berling, metteur en scène et directeur du Théâtre liberté de Toulon. Sous le titre Meursaults, l'adaptation est jouée au 69e festival d'Avignon, au théâtre Benoît-XII.

En 2017, Zabor, ou Les Psaumes, fresque dépeignant la vie d'un enfant algérien à part, revient sur le goût de Kamel Daoud pour la langue française, et plus généralement l'acte d'écrire, « cet équilibrisme nécessaire, dit-il, entre l'évocation et la vie, ce lien difficile à couper entre mon écriture et la réparation ». Son goût des livres est exposé dans sa contribution à BibliOdyssées, 50 histoires de livres sauvés (2019), intitulée « Textures ou Comment coucher avec un livre ». Il préface l'adaptation en 2020 par Jean-Baptiste Brenet de l'épître d'Ibn Tufayl, Vivant fils d'Éveillé, sous le titre Robinson de Guadix.

En 2018, Le Peintre dévorant la femme, au prétexte d'une nuit passée au musée Picasso au milieu de ses peintures érotiques, lançant ses vues sur la séduction, l'émoi amoureux et désirant, l'étreinte, fait la passerelle entre l'Occident et le monde arabe à propos de la sexualité, de l'art, de la mémoire, la place qui leur échoit dans chacune de ces ères civilisationnelles.

Prix et reconnaissances

  • 2016 : prix Jean-Luc Lagardère du journaliste de l'année
  • 2019 : prix mondial Simone et Cino-Del-Duca

Polémiques

Fatwa d'un imam salafiste

Le 13 décembre 2014, dans l'émission de Laurent Ruquier On n'est pas couché sur France 2, Kamel Daoud déclare à propos de son rapport à l'islam, :

« Je persiste à le croire : si on ne tranche pas dans le monde dit arabe la question de Dieu, on ne va pas réhabiliter l'homme, on ne va pas avancer, a-t-il dit. La question religieuse devient vitale dans le monde arabe. Il faut qu'on la tranche, il faut qu'on la réfléchisse pour pouvoir avancer. »

Quelques jours plus tard, cela lui vaut d'être frappé d'une fatwa par Abdelfattah Hamadache Zeraoui, un imam salafiste officiant à l'époque sur Echourouk News, qui a appelé le 16 décembre sur Facebook à son exécution écrivant que « si la charia islamique était appliquée en Algérie, la sanction serait la mort pour apostasie et hérésie. » Il précise :

« Il a mis le Coran en doute ainsi que l'islam sacré ; il a blessé les musulmans dans leur dignité et a fait des louanges à l'Occident et aux sionistes. Il s'est attaqué à la langue arabe […]. Nous appelons le régime algérien à le condamner à mort publiquement, à cause de sa guerre contre Dieu, son Prophète, son livre, les musulmans et leurs pays. »

Il réitère par la suite ses menaces sur Ennahar TV extension du quotidien arabophone réputé populiste Ennahar El Djadid.

À la suite de la plainte déposée par Kamel Daoud devant la justice algérienne au sujet de ces menaces publiques de mort proférées par l'imam, la justice algérienne rend son jugement le 8 mars 2016. Il est qualifié de « sans précédent » par l'avocat du plaignant : l'imam Abdelfattah Hamadache Zeraoui est condamné à six mois de prison dont trois mois ferme et l'équivalent de 450 euros d'amende. Cependant, cette condamnation est annulée en juin 2016 par la cour d'appel d'Oran pour « incompétence territoriale ».

Agressions sexuelles du Nouvel An 2016 en Allemagne

Le , Kamel Daoud publie une tribune dans le journal Le Monde où il évoque les agressions sexuelles du Nouvel An 2016 en Allemagne et voit en l'islamisme la cause principale d'un « rapport malade à la femme, au corps et au désir » dans le monde arabe.

Un collectif d'anthropologues, sociologues, journalistes et historiens l'accuse en retour de recycler « les clichés orientalistes les plus éculés » et d'« alimenter les fantasmes islamophobes d’une partie croissante du public européen, sous le prétexte de refuser tout angélisme » car considérer que « des valeurs doivent être “imposées” à cette masse malade, à commencer par le respect des femmes [est un] projet scandaleux, non pas seulement du fait de l'insupportable routine de la mission civilisatrice et de la supériorité des valeurs occidentales qu'il évoque. »

L'écrivain est choqué :

« Je pense que cela reste immoral de m'offrir en pâture à la haine locale sous le verdict d'islamophobie qui sert aujourd'hui aussi d'inquisition. »

Il décide d'abord d’arrêter le journalisme,, mais produit à nouveau ses chroniques, pour Le Quotidien d'Oran notamment.

Suite à ces critiques, il reçoit le soutien de nombreux intellectuels, journalistes, écrivains ou personnalités, dont Boualem Sansal, Mohamed Mbougar Sarr, Philippe Lançon, Aude Lancelin, Michel Guerrin, Michel Onfray, Fawzia Zouari, Raphaël Enthoven, Jean-Yves Camus, Alexandra Schwartzbrod, Pascal Bruckner, Brice Couturier, Natascha Polony, Chantal Delsol, Jean Daniel, Marianne, Charlie Hebdo et le Premier ministre Manuel Valls.

Parmi ces soutiens, Laurent Bouvet estime qu'« une certaine gauche, politique et intellectuelle, c'est le cas aussi dans l'université et la recherche, se comporte de manière très complaisante avec l'islamisme » et emploie « à l'encontre de tous ceux qui ne pensent pas comme elle, des méthodes d'intimidation et de disqualification, notamment en usant et abusant du mot “islamophobie”. »

La romancière franco-tunisienne Fawzia Zouari prend également la défense de Kamel Daoud en demandant

« qu'on cesse de critiquer d’un côté le silence des intellectuels musulmans sur les violences perpétrées par certains de leurs coreligionnaires, et d’appeler ces intellectuels à se taire dès lors qu’ils dérogent à la pensée correcte sur l’islam. Serions-nous assignés à une parole positive et aseptisée sur notre monde ? N’est-ce pas là une insidieuse façon de nous maintenir dans la mission subalterne d’allumer le feu du temple occidental et de flatter sa prétention à être la mesure de toute réflexion ? Dénoncer nos torts ferait-il de nous des « essentialistes » et des « culturalistes » ? Mais enfin, qui est essentialiste, si ce n’est celui qui fait précéder nos réalités par l'idée qu’il s'en fait et la détermine selon ses grilles de lecture ? Qui sont les orientalistes, si ce ne sont ces détracteurs de Kamel Daoud, qui, souvent, n’ont connu le monde musulman qu’à travers les livres ou pour le soumettre à leurs hypothèses de travail, quand ce n’est à l’absolutisme de principes dans lequel ils s’enferment ? Daignez donc, Messieurs Dames, reconnaître que les Kamel Daoud peuvent remettre en question votre savoir universitaire. Daignez avouer votre désarroi devant une nouvelle catégorie d’intellectuels arabes qui sort du paradigme de la défense radicale de l’islam tout autant que de son rejet excessif, et qui s’estime capable de penser par elle-même. »

A contrario, l'hebdomadaire Politis publie un article d'Olivier Doubre intitulé « Peut-on critiquer Kamel Daoud ? », déplorant « une presse à sens unique ». La tribune de Kamel Daoud est également critiquée par Rokhaya Diallo et Éric Fassin.

Sur une critique du Hirak algérien

Il se montre critique à l'égard du Hirak algérien dans un article de janvier 2020, « Où en est le rêve algérien ? », qui fait polémique en Algérie. Ainsi, pour le journaliste Adlene Mohammedi, « Kamel Daoud a émergé comme l’écrivain algérien incontournable, le chouchou des médias français et des événements littéraires. Ce niveau de respectabilité atteint par le romancier s’explique en partie par son talent, mais aussi par un discret positionnement politique ». Il lui reproche ainsi de se faire le « chantre de l’ordre établi », tant en France qu'en Algérie.

Œuvres

  • Raïna raïkoum, Dar El Gharb, Oran, 2002 (recueil de chroniques publiées dans le Quotidien d'Oran)
  • La Fable du nain, Dar El Gharb, Oran, 2003 (récit)
  • Ô Pharaon, Dar El Gharb, Oran 2005
  • L'Arabe et le Vaste Pays de ô... (nouvelles), Barzakh, Alger 2008
  • La Préface du Nègre, Éditions Barzakh, Alger, 2008 (recueil de nouvelles) Publié en France en 2011 sous le titre Minotaure 504.
  • Minotaure 504 (nouvelles), Sabine Wespieser éditeur, Paris, 2011 (ISBN 978-2848050980) Publié initialement en Algérie en 2008 sous le titre La Préface du Nègre.
  • Meursault, contre-enquête (roman), Barzakh, 2013 (ISBN 978-9931325567) et Actes Sud 2014 (ISBN 978-2330033729)
Prix François-Mauriac de la région Aquitaine 2014
Prix des cinq continents de la Francophonie 2014
Finaliste du prix Goncourt 2014
Prix Goncourt du premier roman 2015
Liste Goncourt : le choix de l'Orient 2014, le choix roumain 2014, le choix serbe 2015
  • Mes indépendances – Chroniques 2010-2016, Éditions Barzakh et Actes Sud, 2017 (ISBN 978-2-330-07282-7)
  • Zabor ou Les psaumes, Éditions Barzakh et Actes Sud, 2017 (ISBN 978-2-330-08173-7)
Prix Méditerranée 2018
  • Le Peintre dévorant la femme, Stock, 2018 (ISBN 9782234083738)
Prix de la Revue des deux Mondes 2019

Références

Voir aussi

Liens externes

  • Sur le blog de Ahmed Hanifi
  • Articles :
    • « L’Arabie saoudite, un Daesh qui a réussi » (Archive), The New York Times, 20 novembre 2015
    • « La misère sexuelle du monde arabe » (Archive), The New York Times, 14 février 2016
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Source : Article Kamel Daoud de Wikipédia

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