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Avis de lecteurs

Akane banashi n° 1
Ce jour-là (Yūki Suenaga)

note: 5La rakugo-ka girl Florian MSP - 10 janvier 2024

Un très bon shonen qui parle du rakugo, un art traditionnel japonais. On suit Akane durant l'histoire où elle va mettre en pratique cet art dans différents spectacles et en [...]

Ralph Azham n° 1
Est-ce qu'on ment aux gens qu'on aime ? (Lewis Trondheim)

note: 4Vaut le détour Maxence - 26 février 2024

Léger, drôle et touchant.
La suite des aventures donne envie !

Au coeur des solitudes (Lomig)

note: 5Hymne à la nature Sylvie - 2 mars 2024

"Et dans la forêt, je pars, pour perdre mon esprit et retrouver mon âme". Cette citation est de John Muir (21 avril 1838 / 24 décembre 1914). Lomig retrace la [...]

Marx et la poupée (Maryam Madjidi)

note: 4Lettre franco-iranienne Jérôme - 6 mars 2024

Très beau texte de Maryam Madjidi qui raconte sa déterritorialisation relative, corporelle et mentale, jalonnée de doutes, de l'Iran vers la France. Ses réflexions sur l'école républicaine française et les [...]

Carnet de prison (Galien)

note: 4«Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts» Isaac Newton Jérôme - 29 janvier 2024

"Meilleur texte" [...] selon le préfacier et écrivain communiste Alain Badiou sur la prison, qui y est "admirablement croquée" par l'auteur de bandes dessinées et dessinateur de presse (Le Sans-culotte [...]

Je suis leur silence (Jordi Lafebre)

note: 5Les voix d'Eva Sylvie - 8 février 2024

Eva est psychiatre. Fantaisiste, délurée, débordante de vitalité, c'est une jeune femme décalée et attachante.
Elle est contactée par une ancienne patiente pour venir l'assister suite au décès d'un oncle.
Eva [...]

Avis de lecteurs

 

Croke Park (Sylvain Gâche)

note: 5Sport et histoire en Irlande - 16 février 2021

1920, alors que la guerre civile fait rage en Irlande, des membres de l'IRA attaquent simultanément des dizaines d'espions anglais cachés dans divers endroits de Dublin. L'après-midi même, un match de football gaélique a lieu à Croke Park et les anglais sont persuadés que l'IRA est dans le public. La tension monte et la fusillade éclate, faisant des dizaines de morts et de blessés parmi les civils.
Alors que Croke Park est le stade dédié aux sports gaéliques, il accueille exceptionnellement un match de rugby en 2007 et pas n'importe lequel : Irlande/Angleterre ! La douleur est encore vive dans la mémoire irlandaise et le match cristallise toutes les tensions...
Une bande-dessinée bien documentée pour mieux comprendre l'histoire irlandaise, encore très présente dans la mémoire collective.

Gagner la guerre (Jean-Philippe Jaworski)

note: 5Fantasy historique - 16 février 2021

Les aventures de Benvenuto devraient vous convaincre que la fantasy cache des trésors insoupçonnés.
Le héros-narrateur, est l'homme de main d'un puissant politique du royaume. Espion, voleur, assassin, il exécute toutes les missions que lui confie son patron, sans aucun état d'âme. Benvenuto est un véritable scélérat qui ne s'embarrasse pas de morale. Alors attention, âmes sensibles s'abstenir, certaines scènes pourraient vous choquer.
Le lecteur suit le malfrat sur des centaines et des centaines de pages, au plus près de l'action. En ressortent des scènes inoubliables telle celle de la course poursuite sur les toits de la ville de Ciudalia, digne d'un film de capes et d'épées ; ou celle dans laquelle, Benvenuto, grièvement blessé, nous raconte les quelques semaines pendant lesquelles il était enfermé dans une geôle, bien conscient des ravages sur son corps. Extrêmement réaliste !
Qualifié de fantasy historique, Gagner la guerre met en avant les jeux de pouvoirs et les nombreuses manipulations politiques du royaume dans lesquelles Benvenuto n'est finalement qu'un pion. Passionnant !

Un peu de bois et d'acier (Chabouté)

note: 5L'émotion sans un mot - 16 février 2021

C'est l'histoire d'un banc dans un parc. Chaque jour il voit le monde passer autour de lui et est le témoin des changements. Au fil des pages et des saisons, sans aucune parole, on voit des habitués, des pressés, des voyageurs, des flâneurs... et parfois de grands absents au fil du temps. Une émotion brute, sans aucun mot !

Malgré tout (Jordi Lafebre)

note: 5Une parenthèse enchantée Victoria, MMC - 12 février 2021

La particularité de cet album ? Sa construction ! Car oui, l’histoire d’Ana et Zeno nous est relatée…à l’envers ! L’histoire débute sur leurs retrouvailles alors qu’ils sont tous les deux sexagénaires, et c’est au fil des chapitres que l’on remonte jusqu’à leur première rencontre.

Ce n’était jamais le bon moment, le bon endroit…bref, il y a eu beaucoup d’occasions manquées. Toutes ces années ont été marquées par des périodes d’absence et de manque, mais aussi de longues lettres, quelques appels et brèves rencontres. On ressent immédiatement une grande tendresse pour ces deux-là que tout oppose : Ana est une femme politique ambitieuse, également mère de famille, tandis que Zeno, libraire et navigateur à ses heures perdues, rêve plus que tout d’évasion.

« Malgré tout » est un bel hymne à l’amour empreint de poésie et de sensibilité, avec une touche d’humour non négligeable. Avec ses jolies planches aux tons pastels, elle aborde aussi la nostalgie des années qui passent.

Un moment de lecture très plaisant dont on aurait bien tord de se priver !

Déjà, l'air fraîchit (Florian Ferrier)

note: 4Bibliothèques spoliées FM - 30 janvier 2021

Ce (gros) roman français nous emporte dans la Seconde Guerre Mondiale, avec le personnage d’Erika, jeune femme passionnée de livres qui va devenir un rouage essentiel du rapt organisé et pharaonique des bibliothèques privées et publiques en France, ailleurs en Europe, puis sur le front de l’Est. Bien qu’il souffre – à mon avis – de quelques longueurs, ce livre mérite d’être lu non seulement pour sa tension romanesque, l’atmosphère très particulière qui est distillée, mais aussi pour l’originalité de son sujet (la spoliation des bibliothèques est rarement abordée dans la littérature) et de son approche, le point de vue étant celui des Allemands, à l’intérieur du système nazi, dont on suit ainsi les victoires, les défaites et les horreurs.

J'aurais pu devenir millionnaire, j'ai choisi d'être vagabond (Alexis Jenni)

note: 5La sobriété heureuse Agnès MMC - 16 décembre 2020

Ce livre raconte très simplement, mais avec beaucoup d'admiration et d'affection, la vie de John Muir, qui décide d'abandonner travail et famille pour arpenter les États-Unis et bien au-delà. Il observe et admire les grands espaces qui l'environnent, écrit des articles scientifiques pour des revues et malgré sa renommée grandissante restera toujours attaché à une vie très simple et libre.

Térébenthine (Carole Fives)

note: 4Quelle place pour l'art ? Agnès MMC - 12 décembre 2020

La narratrice achète la revue Beaux-Arts et lit un article sur un peintre décédé, Luc, dont la peinture rencontre un grand succès et la voilà plongée dans ses souvenirs de cours à l'école des Beaux-arts avec ses amis Lucie et Luc.
Rentrés dans cette école avec un grand désir de peindre les voilà tous les trois confrontés à un monde où seuls ont droit de cité les ateliers mêlant son, vidéo et multimédia mais où la peinture et raillée et moquée, voire interdite par leurs enseignants et reléguée à une activité clandestine dans les sous-sols de l'école.
En même temps qu'elle évoque sa passion pour l'art et qu'elle réfléchit sur sa place dans notre société Carole Fives dresse un portrait sans concession sur son enseignement.

Le chant de la pluie (Sue Hubbard)

note: 5Retour en Irlande Agnès MMC - 12 décembre 2020

Martha, professeure à Londres, vient de perdre son mari Brendan, critique d'art et galeriste. Elle retourne dans le cottage qu'il possédait dans son village natal, sur la côte ouest de l’Irlande, face aux iles Skellig et se retrouve confrontée non seulement à son présent difficile mais aussi à leur passé commun, elle a alors l'impression de découvrir un homme qu'elle croyait connaître. Au milieu de cette nature sauvage, de la pluie et des embruns, les rencontres qu'elles va faire vont l'aider à entrevoir un nouveau chemin. Même si le sujet de départ n'est pas forcément très gai, l'auteure a fait de ce roman un moment lumineux et poétique. A lire bien au chaud sous un plaid avec une tasse de thé !

Steam Sailors n° 1
L'Héliotrope (Ellie S. Green)

note: 5Dépaysant ! Victoria, MMC - 11 décembre 2020

Un univers steampunk avec des pirates et une véritable chasse au trésor…il n’en fallait pas plus pour me convaincre de lire ce roman !

Suite à l'attaque de son village par des pirates de l’air, la jeune Prudence est amenée à bord de l’Héliothrope, leur vaisseau, où on ne tarde pas à faire d’elle le nouveau médecin de bord. Elle ne tarde pas à découvrir que l’équipage est à la recherche de la cité perdue des Alchimistes, pourtant réputée disparue à jamais…mais les indices détenus par les pirates, ainsi que les dons de la jeune fille pourraient bien les aider à avancer dans cette quête fantastique !

Malgré une intrigue est un poil trop linéaire à mon goût, ce premier tome est très réussi : on a hâte de connaître la suite (heureusement elle arrive bientôt à la médiathèque !).

Cadavre exquis (Therapie Taxi)

note: 5Cinglant et direct - 11 décembre 2020

Écouter Thérapie Taxi, c'est comme se prendre un bon uppercut dans la mâchoire : ça réveille, ça défoule, et c'est un excellent exutoire. Des textes cinglants, une violence inouïe dans les scènes décrites, des mots crus... sur des mélodies pop guillerettes. On est malmené, mis en face d'une nature humaine sombre et bestiale (oh, ce titre "Noir", qui raconte la soirée d'une jeune femme alcoolisée, qui devient rapidement une proie facile...). A côté de ces ouragans dont on sort lessivé, il y a quelques bulles d'amère douceur, une parenthèse inattendue où le cynisme du groupe fait place à la mélancolie ("La boucle").

L'estrange malaventure de Mirella (Flore Vesco)

note: 5Original ! Victoria, MMC - 5 décembre 2020

Flore Vesco revisite avec brio le célèbre conte du Joueur de flûte d'Hamelin !

Le texte se veut moyenâgeux et, passé la surprise des premières pages, nous entraîne complètement dans l’époque voulue. L’autrice prend le temps de dépeindre la ville et ses habitants alors que nous n’attendons que l’arrivée du joueur de flûte pour venir libérer Mirella d’un quotidien de plus en plus pesant. Porté par une héroïne de caractère et de qualité, ce roman, lauréat du Prix Vendredi 2019, apporte un vrai vent de fraîcheur sur la littérature pour adolescents !

Romy et Julius (Marine Carteron)

note: 5Très plaisant ! Victoria, MMC - 5 décembre 2020

Cette réécriture de Roméo et Juliette à la sauce moderne m’a tout simplement enchantée !

Nous avons affaire à deux ados : d’un côté Romy, fille du boucher du village, de l’autre Julius, néo rural fraichement débarqué de la ville, et végétarien de surcroit. Si ces deux-là se rapprochent grâce au club de théâtre local, à l’image de la pièce de Shakespeare, leur histoire d’amour naissante va diviser les troupes…

Original, drôle et rafraichissant, ce roman écrit à quatre mains est remarquable ! Engagé dans la cause animale sans en faire des tonnes ni culpabiliser le lecteur, le découpage du texte en actes à la manière d’une pièce de théâtre rythme parfaitement le récit. Un régal !

Peau d'homme (Hubert)

note: 5Une BD aux nombreux messages Victoria, MMC - 5 décembre 2020

À l'époque de la Renaissance italienne, Bianca, une jeune fille aristocrate, fait l’objet d’un mariage arrangé, sans avoir jamais vu son prétendant et cela la chagrine profondément. Heureusement pour elle, un artefact magique qui circule dans sa famille va pouvoir l'aider : une peau d'homme, qu'elle pourra enfiler pour se transformer en garçon. Ainsi déguisée, elle fera connaissance avec son futur mari et fera des découvertes bouleversantes sur son corps, son rapport à la sexualité et la société dans laquelle elle évolue.

Quelle magnifique bande-dessinée ! Portant un vrai message féministe, c’est aussi une merveilleuse ode à la liberté et la tolérance. Aucune date ou endroit précis n’est indiqué, ce qui confère au récit des allures de conte merveilleux transposable à d’autres temps et d’autres lieux. Une grande réussite, aussi bien dans le fonds que la forme !

Le sel de nos larmes (Ruta Sepetys)

note: 5Grandiose ! Victoria, MMC - 5 décembre 2020

J’imagine que vous avez entendu parler du naufrage du Titanic ? Mais quid de celui du Wilhelm Gustloff, où près de 9000 personnes ont péri en 1945 alors qu’ils fuyaient l’avancée de l’armée russe ?

Ruta Sepetys nous a habitués à des romans historiques bouleversants pour la jeunesse, celui-là ne fait pas exception ! (autrement dit, sortez votre boîte de mouchoirs) Sa capacité à dénicher des sujets méconnus pour les mettre en lumière, le temps d’un roman, est toujours impressionnante.

Au point de départ de cette histoire, on trouve quatre adolescents d’horizons différents. Façonnés par leur histoire personnelle, tous cachent des traumatismes et des secrets qui se dévoilent au fil du roman, au travers de courts chapitres leur donnant chacun la parole.

Qu’on se le dise, Le Sel de nos larmes est un roman dont vous peinerez à vous remettre. Il apporte un éclairage bouleversant sur un évènement oublié de la fin de la Seconde Guerre mondiale et confirme le grand talent de Ruta Sepetys pour le roman historique.

Les enfants des Feuillantines (Célia Garino)

note: 5Un roman plein de charmes Victoria, MMC - 5 décembre 2020

Fresque familiale loufoque, Les enfants des Feuillantines nous entraine dans un tourbillon d’émotions ! Les moments tendres et dramatiques s’enchainent tandis que nous accompagnons cette famille dysfonctionnelle dans son quotidien.

Désirée, 24 ans, a abandonné ses études pour s’occuper de sa sœur et ses cousins suite à divers drames familiaux : leurs mères sont mortes, parties à l’autre bout du monde, ou bien internées pour troubles psychologiques...

Rien de bien réjouissant à priori, et pourtant, Célia Garino évoque la famille avec humour et poésie, et crée des personnages terriblement attachants que l’on a bien du mal à quitter une fois la dernière page tournée !

Beate et Serge Klarsfeld (Pascal Bresson)

note: 5Admirable FM - 28 novembre 2020

Qui n’a pas un jour entendu parler du combat de la famille Klarsfeld ? Avec ce roman graphique adapté des mémoires de Beate et Serge Klarsfeld, nous suivons le chemin de ce couple hors normes. Enfant juif, Serge vit une grande partie de la seconde guerre mondiale dans la clandestinité, aux côtés de sa sœur et de sa mère. Le père, déporté, ne reviendra pas. Après-guerre, Serge le rescapé et Beate, jeune fille allemande au pair en France, tombent amoureux. Beate découvre avec stupéfaction les horreurs perpétrées par les nazis ; de ce jour, aucun obstacle – prison, attentat, enlèvement - ne l’arrêtera dans son combat contre les anciens nazis, que ce soit en Allemagne (elle a giflé en public le chancelier Kiesinger !) ou en Amérique du Sud. De son côté, Serge, sur le tard, devient avocat pour assurer lui-même la défense des victimes du nazisme. De ce livre très émouvant et instructif, qui mêle habilement les souvenirs de guerre et les décennies qui suivront, on ne ressort pas indemne, mais assurément impressionné-e par la force de cette famille. Le courage et la détermination de Beate, en particulier, sont saisissants.

Bordeterre (Julia Thévenot)

note: 5Monde parallèle et chant révolutionnaire - 25 novembre 2020

Inès 12 ans et son frère Tristan de 16 ans sont en vacances. Alors qu'ils se promènent au bord d'une falaise, ils voient leur chien passer à travers une brèche ; et bientôt, il suivent le même chemin.
Ils atterrissent à Bordeterre où la magie est puissante mais bridée par l'aristocratie dirigeante. Le pouvoir se révèle à travers les mots, lorsqu'on se met à chanter. Seules quelques ritournelles sont autorisées, pour le travail principalement ("Meunier, tu dors" pour faire tourner le moulin plus efficacement), mais c'est une magie que les puissants de ce monde veulent contrôler.
Un débordement (une révolution) a eu lieu quelques années auparavant mais a eu des conséquences terribles pour toute la population... Heureusement, la jeunesse de Bordeterre compte bien regagner sa liberté et pour cela, rien de tel que quelques chants révolutionnaires bien placés !
Le frère et la sœur sont rapidement séparés à leur arrivée dans ce monde parallèle : Inès est recueillie par l'aristocratie, Tristan rejoint les rangs du peuple. Deux points de vue qui s'affrontent.
Derrière un schéma assez classique, Julia Thévenot fait preuve d'une grande sensibilité musicale et offre de très belles émotions !

Je suis ton ombre (Morgane Caussarieu)

note: 4Fantastique et ambiance dérangeante - 25 novembre 2020

Poil-de-Carotte est un jeune adolescent souffre-douleur. Clin d’œil à l’œuvre emblématique de Jules Renard : enfant délaissé, grandissant dans la solitude, proche des animaux et surtout… victime qui se transforme petit à petit en bourreau sadique grâce à quelques prédispositions assez inquiétantes.
Le Poil-de-Carotte de Morgane Caussarieu vit seul avec un père handicapé dans une vieille baraque délabrée. L’enfant a connu un drame – où est le reste de la famille ? que sont-ils devenus ? – et se raccroche encore un peu à la normalité mais, à cause de son environnement et surtout à cause de la lecture d’un ancien journal intime découvert dans la ferme hantée d’à côté, va franchir la ligne et définitivement passer de l’autre côté. C’est un anti-héros, un personnage détestable auquel on tente d’abord de trouver des excuses mais qui, par ses propos et gestes, devient « irrécupérable ».
Pendant une très grande partie du livre, je me suis demandée si notre jeune héros n’était pas un sociopathe en puissance qui imaginait le tout pour justifier ses actes… et c’est clairement une explication qui m’aurait séduite. Mais non, le surnaturel est là et bien admis sous la plume de Morgane Caussarieu. Et finalement, les origines et l’utilisation qu’elle offre à certains mythes « fantastiques » m’ont convaincue.
Un titre pour l’automne, l’atmosphère creepy/malsaine s’y prête particulièrement bien. Mais attention, âmes sensibles s’abstenir, absolument rien ne nous est épargné !

V (Havok)

note: 5Trash is not dead ! Emmanuel - 17 novembre 2020

Havok fait du trash. Il n'y a pas d'ambigüité sur la question : tout est à fond, martelé, brutale, hurlé, structuré,... la rage mise en musique. On pourrait dire d'Havok qu'ils ont les dignes héritiers des Slayer, Anthrax, Megadeth et Metallica, mais ce n'est pas une question d'héritage... C'est un engagement !

Assez de bleu dans le ciel (Maggie O'Farrell)

note: 5Un roman polyphonique émouvant - 6 novembre 2020

Tout commence dans le Donegal en Irlande. Daniel et sa famille quittent la maison au milieu de nulle part car il doit prendre un avion, direction New York. Son père fête son anniversaire, c’est l’occasion ou jamais de le revoir après tant d’années de séparation et de rancœur.
Qui est cet homme ? Qui est sa femme, Claudette ? C’est ce que va nous raconter Maggie O’Farrell, avec force détails, beaucoup d’humanité et beaucoup d’authenticité. C’est une plongée pleine d’émotions dans la vie chahutée de ces deux êtres fragilisés. C’est l’illustration que les choix et les rencontres que l’on fait, les décisions que l’on prend, influent sur le reste de notre vie.
A travers une narration non-linéaire, nous découvrons le passé de ces deux amoureux autour desquels tous les autres personnages secondaires gravitent. L’autrice ne suit pas une ligne chronologique toute droite, elle joue avec le temps et donne la parole à de nombreux personnages.
Maggie O’Farrell possède un talent certain pour raconter l’humain, pour construire des personnages complexes et les doter de sentiments et émotions très palpables. Le voyage n’est pas seulement entre l’Irlande, les États-Unis, la Finlande ou la France mais aussi et surtout dans l’âme humaine. Quelle belle réussite !

Fingus Malister n° 1
Feux follets, mandragore et cadavre frais (Ariel Holzl)

note: 4Les recettes farfelues d'un apprenti magicien - 5 novembre 2020

Fingus 12 ans est un orphelin pas comme les autres. Son grand rêve est de devenir le grand seigneur maléfique de la ville. Il doit pour cela intégrer l’académie de magie et devenir un nécromancien très puissant. Le concours d’entrée est proche, Fingus veut éblouir les jurés en leur présentant un sort bien particulier qui ne fonctionnera que si le garçon réunit les ingrédients de la recette. Sève de mandragore, or des fous, bocal à élixir et cadavre frais… difficile de les trouver quand on est un enfant inventif mais pas très débrouillard. Heureusement, notre héros est accompagné de la brillante petite Polly, jeune sorcière de 12 ans qui incarne la voix de la raison. Les deux amis affrontent les dangers et repoussent ceux qui leur mettent des bâtons dans les roues mais rien n’est simple car Polly doit composer avec le caractère exécrable de Fingus ! Si l’on passe outre le tempérament antipathique du jeune garçon, on retrouve avec plaisir un peu de Ron Weasley et Hermione Granger dans la jeune sorcière, finalement la véritable héroïne de l’histoire.
Alors, Fingus réalisera-t-il son rêve ?
L’aventure est rythmée, les scènes imagées, les dialogues ne manquent pas de peps et l’ensemble est plein d’humour.

Et le désert disparaîtra (Marie Pavlenko)

note: 5Et le désert disparaîtra de Marie Pavlenko Christine - 14 octobre 2020

Un livre à ne pas rater, qu'on soit ado ou pas ! C'est un roman plein de sensibilité sur les relations et les interactions entre l'Homme et la nature, mais aussi sur la place des jeunes dans une communauté, leurs désirs parfois de s'écarter des règles... Et la langue est très belle, un vrai plaisir de lecture, à faire partager !

Et le désert disparaîtra (Marie Pavlenko)

note: 5Conte écologique - 6 octobre 2020

Dans ce futur qui pourrait être le nôtre, l’eau a disparu et avec elle, la faune et la flore. La Terre est recouverte de déserts brûlants dans lesquels subsistent quelques rares oasis et les derniers arbres centenaires que les hommes abattent et vont revendre pour pouvoir s’acheter des matières premières : eau gélifiée, bouteilles d’oxygène et nourriture. L’ancêtre de la tribu ne cesse de clamer (mais n’arrive pas à se faire entendre des nouvelles générations) que coupés, les arbres comblent des besoins immédiats (en procurant de l’argent) mais que, protégés et multipliés, sur le long terme, ils produisent tout ce qui est nécessaire à la survie des êtres humains… et de la planète entière ! C’est évidemment un discours très écologique que nous propose ici Marie Pavlenko et un discours qui raisonne plus que jamais avec notre actualité et nos problématiques quotidiennes. C’est un court titre (une petite graine plantée) qui s’adresse aux lecteurs adolescents, cette nouvelle génération qui, comme l’héroïne du roman, ouvrira peut-être les yeux sur l’évidence, verra peut-être plus loin que l’enrichissement immédiat et permettra, on l’espère, de changer sa façon de vivre pour sauvegarder la planète.

Le serment des lampions (Ryan Andrews)

note: 5Amitié et fantaisies - 6 octobre 2020

Une bande dessinée magnifique, sur tous les plans. Des graphismes très soignés avec parfois des dessins d'une poésie rare s'étalant pleine page... Un scénario simple, (un groupe d'amis décide de suivre les lampions après qu'ils aient été lâchés à l'occasion de la fête de l'automne : ils iront alors de découvertes en découvertes), mais où on pousse la porte d'un univers plein de douceur, de magie, de tendresse, et d'humour. Une très belle histoire d'amitié vient ponctuer le tout. Savoureux !

Un éclat de givre (Estelle Faye)

note: 3Vers un Paris post-apocalyptique - 3 septembre 2020

Chet se travestit pour réanimer les mythiques chanteuses de jazz disparues, dans un Paris chaotique, où les dangers rôdent. D'une grande sensibilité, abonné aux histoires d'amour qui finissent mal, Chet est un personnage auquel on s'attache vite. Evidemment, il va se retrouver piégé dans un imbroglio de problèmes qui le dépassent, en acceptant une mission du mystérieux Galaad. Toujours très bien écrit (Estelle Faye !), avec une multitudes de petites références, j'ai pourtant peiné à entrer dans cette ville étrange. Il m'a peut-être manqué davantage d'informations sur les personnages secondaires, dont on connait peu de choses au final et qui demeurent dans l'ombre.

C'est le coeur qui lâche en dernier (Margaret Atwood)

note: 3Dystopie et couple à la dérive - 2 septembre 2020

Stan et Charmaine ont tous deux perdus leur travail dans une Amérique en souffrance, gangrenée par les malfrats et en pleine crise économique. Ils décident de tenter leur chance à Consilience, un nouveau système reposant sur l'alternance entre un mois en prison pour des travaux généraux, et un mois à la maison avec un travail utile à la communauté. Le couple est ici au coeur du roman de Margaret Atwood, qui y dépeint la frustration et les désirs inassouvis de Stan, la passion inavouée de Charmaine, leurs non-dits, leurs projections et attentes de l'un à l'autre. En parallèle, une intrigante histoire liée aux sombres secrets de ce système atypique.
Un roman déroutant, un monde où j'ai eu du mal à entrer malgré l'attachement au personnage de Stan, (le bien gentil mais très naïf), et la curiosité liée aux intrigues à dénouer.

Méthode 15-33 (Shannon Kirk)

note: 4Belle surprise Céline - 9 août 2020

J'ai découvert ce livre totalement par hasard dans un rayon de la médiathèque et j'avoue avoir été agréablement surprise.
Le roman est de très bonne qualité, l'intrigue aussi, on est vite prit dans l'histoire et ce jusqu'à la fin.
A lire si on aime les romans policier / thriller car il est vraiment très bien.

Mamie Luger (Benoît Philippon)

note: 5Très divertissant ! Victoria, MMC - 22 juillet 2020

Cette Mamie Luger (Berthe de son petit nom) est tout bonnement incroyable ! 102 ans, pas tout à fait toutes ses dents, un langage des plus fleuris...attendez-vous à découvrir un personnage truculent et caractériel !
A l’occasion d’une enquête de police (la mamie centenaire a quand même canardé des forces de police sans raison apparente !), Berthe revient sur la succession de drames que furent sa vie, souvent liés à la folie des hommes ou à des unions malheureuses. Parfois dur, mais souvent touchant et drôle, ce roman m’a fait passer un très bon moment de lecture !

Moon Brothers (Sarah Crossan)

note: 4Sortez les mouchoirs Victoria, MMC - 22 juillet 2020

Sarah Crossan nous a habitué à raconter la vie, la vraie, souvent dans ce qu’elle a de plus tragique et continue sur sa lancée avec "Moon Brothers".

Joe Moon, 17 ans, s'installe au Texas pour profiter des derniers instants de son frère qu'il n'a pas vu depuis 10 ans. Celui-ci est accusé du meurtre d'un policier et doit être exécuté d’ici quelques semaines...

On ne peut ressortir indemne de cette histoire en vers libres qui appelle à la réflexion sur la peine de mort encore pratiquée dans certains pays. Au milieu, cette relation fraternelle si belle et si tendre nous touche au plus profond.

Sacrées sorcières (Roald Dahl)

note: 5Excellente adaptation ! Victoria, MMC - 22 juillet 2020

Sacrées sorcières marque le retour très attendu de Pénélope Bagieu !
Sa version de l’histoire nous plonge avec délice dans l’univers à la fois drôle et cruel de Roald Dahl. Son adaptation est à la fois colorée et pleine de malice, tout en mettant le récit au goût du jour.

Que vous soyez un adulte ou cherchiez une idée de lecture pour un enfant, Sacrées Sorcières est un excellent choix ! Il propose un récit d'aventure avec ce qu'il faut de fantastique, beaucoup de rires et de tendresse.

Les sales gosses (Charlye Ménétrier McGrath)

note: 4Drôle et émouvant Victoria, MMC - 22 juillet 2020

Vous voulez du feelgood ? Ne cherchez plus !

Quand les enfants de Jeanne, vaillante octogénaire, la place en maison de retraite contre son gré, ils ne sont pas au bout de leurs peines. Car la vieille dame a un plan tout trouvé : simuler la démence pour les rendre dingues !
Mais au contact des autres pensionnaires, Jeanne va réveiller des pans de sa personnalité qu’elle pensait à jamais enfouis : la curiosité, l’espoir… et surtout : l’audace.

Embardée (Christophe Léon)

note: 5Un texte court mais fort - 3 juillet 2020

Dans une société qui pourrait être la nôtre, la peur et l’intolérance ont pris le dessus. La sexualité est devenue l’affaire de tous et ceux qui n’entrent pas dans les cases sont parqués dans des ghettos hors de la ville, devant porter un losange rose pour se signaler. On découvre ce monde à travers les yeux de la jeune Gabrielle, adolescente de 13 ans qui, seule dans l’appartement, inquiète et s’imaginant le pire, attend le retour de ses deux pères. L’auteur découpe son texte en chapitres, tantôt décrivant le présent, tantôt les souvenirs de l’adolescente. On découvre alors dans ceux-ci la montée progressive de l’homophobie, de l’ostracisme… et du totalitarisme. Invisible ou seulement à travers des actes isolés au départ, personne n’y croit ; et puis enfin, on se réveille un matin et il est trop tard. C’est un court texte (moins de 100 pages) qui dit beaucoup. "Embardée" révolte, dénonce et questionne sur des sujets plus que jamais d’actualité. A lire !

Petit Poilu n° 21
Chandelle-sur-Trouille (Pierre Bailly)

note: 5Très bien pour aborder la difference Brigitte - 29 juin 2020

Permet d'aborder le thème des migrants, à mots couverts. Tout en douceur, les auteurs abordent les sujets de la guerre (mais sans montrer aucun assaillant ni aucune victime, très fort !), de l'exil, des risques de la traversée maritime, de la peur de l'étranger, et à la fin de la solidarité d'un vieil homme qui ouvre finalement les yeux de ses concitoyens.

Horrorstör (Grady Hendrix)

note: 5Gros gros coup de coeur Michèle - 27 juin 2020

Emprunté par hasard grâce à sa couverture originale, sa présentation l'est tout autant. L'histoire est digne d'un Stephen King, des passages sont bien angoissants, d'autres plus drôles. A découvrir absolument !
Dès 16 ans.

Les Radley (Matt Haig)

note: 4Entretien avec des vampires Michèle - 27 juin 2020

Je m'attendais à un livre un peu plus sanglant et moins adolescent mais finalement j'ai adoré l'histoire de cette famille dont les non dits les tuent à petit feu...
Il se lit vite, dès 14 ans.

Je suis fille de rage (Jean-Laurent Del Socorro)

note: 5Roman historique passionnant Michèle - 27 juin 2020

Durant la guerre de Sécession, plusieurs protagonistes racontent ce qu'ils vivent, avec différents points de vue : les Confédérés contre l'Union et les esclaves. Abraham Lincoln se bat contre ses démons, et converse avec la Mort. Se mêlent au roman des documents historiques.
Un roman qui se lit rapidement, original de par sa présentation.
Dès 16 ans.

Une fille facile (Louise O'Neill)

note: 5"Asking for it" (le titre original) ? - 20 juin 2020

Emma est la star du lycée et de la petite communauté irlandaise où elle vit. C’est une jeune femme bien dans sa peau, libre de ses choix. Elle est belle, elle le sait et elle en profite. Mais tout dérape lors d’une fête alors qu’elle accepte d’avaler quelques pilules, pour ne pas perdre la face sous la pression des regards. Trou noir. Quelques jours plus tard, alors qu’elle ne se souvient toujours de rien, elle tombe sur des photos de cette soirée, partagées sur les réseaux sociaux. Elle voit un corps de poupée, nue, mise en scène et utilisée par plusieurs garçons. Elle ne se reconnait pas. Emma devient alors la bête noire de la communauté, celle qui dérange par son comportement passé, celle qui ose parler de viol. Tout le monde lui tourne le dos parce que, finalement, à utiliser son corps en toute liberté, ne l’aurait-elle pas « bien cherché » (le titre original est d’ailleurs très parlant : « Asking for it »). Un titre dur et poignant qui revient sur la question du consentement et l’usage de son corps (surtout quand on est une jeune femme), à l’heure où les réseaux sociaux régissent nos vies. Âmes sensibles, s’abstenir.

Une éducation (Tara Westover)

note: 5Un portrait inspirant et riche en émotions ! - 13 juin 2020

Plus jeune enfant d'une fratrie de sept, Tara grandit dans une communauté mormone dans les montagnes de l’Idaho. Le père, survivaliste de plus en plus paranoïaque, fait tout pour que sa famille reste cachée. Aucune déclaration à l'état civil, interdiction d'aller à l'hôpital et évidemment, les enfants ne se sont jamais assis sur les bancs de l'école publique.
Tara pourrait suivre les traces de ses frères et sœurs et adhérer pleinement aux convictions de ses parents mais à l’adolescence, alors qu’elle ouvre les yeux sur le monde qui l’entoure, elle comprend qu’il y a plus et que le modèle offert par sa famille n’est peut-être pas le bon. Mais renier une quinzaine d’années d’enrôlement et renoncer à la sécurité et à l’amour du seul foyer jamais connu n’est pas chose facile. C’est grâce à sa détermination et à son courage que Tara, seule, trouve le chemin de l’école et s’éduque. C’est aussi seule et sans aucun soutien qu’elle s’extrait de cet environnement et commence une nouvelle vie. Mais ce n’est pas sans doutes ni sans souffrances. Le portrait inspirant et riche en émotions d’une jeune femme qui prend sa vie en main, envers et contre tout.

Le chant d'Achille (Madeline Miller)

note: 4Achille au pied léger - 10 juin 2020

Demi-dieu de la mythologie grecque, Achille est l’un des inoubliables personnages de L’Iliade d’Homère. Diplômée de lettres classiques, l’américaine Madeline Miller a relevé le défi de romancer l’histoire d’Achille en adoptant le point de vue de Patrocle, son ami intime, personnage bien présent et important dans L’Iliade. Avec un vrai talent de conteuse et une imagination qui force le respect, l’autrice donne vie à ces enfances grecques dans l’Antiquité, dans ce monde fantastique où un éblouissant demi-dieu et son ami bénéficient de l’éducation du centaure Chiron. Jeune homme, Achille finit par obéir à son destin et accepte de suivre Ulysse pour rejoindre l’expédition des Grecs contre les Troyens… on connaît la suite, mais elle est si bien romancée par Madeline Miller ! Celle-ci s’est très bien emparée, avec beaucoup de liberté, d’une trame célébrissime pour en faire un roman d’amour et d’aventure qui redonne vie à ces icônes de la culture occidentale.

Mille petits riens (Jodi Picoult)

note: 5Racisme à l'américaine - 10 juin 2020

Sage-femme expérimentée et appréciée dans un hôpital du Connecticut, Ruth est la seule femme de couleur dans son service. Cela ne lui a jamais posé problème, jusqu’au jour où un couple de suprémacistes blancs lui interdit de s’occuper de leur nouveau-né, et où la chef de service accepte cette exigence des patients. Le décès du bébé conduit les parents à déposer plainte, a priori contre l’hôpital mais celui-ci les oriente vers une plainte contre la sage-femme, accusée de n’avoir pas pris l’initiative de gestes qui auraient peut-être pu sauver l’enfant. La vie de Ruth et de son fils, brillant lycéen, va alors basculer : eux qui sentaient bien installés socialement vont être sans cesse renvoyés à la couleur de leur peau.
Ce roman à plusieurs voix immerge très bien le lecteur dans les points de vue de Ruth, de son avocate (blanche, fortunée, bien intentionnée mais qui va comprendre qu’elle était dans le déni vis-à-vis des injustices raciales), et du père du bébé ; ce personnage-là est particulièrement saisissant, dans sa violence raciste. Par cette coexistence des voix de chacun des personnages, le livre nous plonge dans la réalité d’une société américaine encore extrêmement clivée, imprégnée de luttes raciales et de déni, dans laquelle l’extrême liberté d’expression laisse libre champ à des groupes et des mouvements pas très sympathiques. Un très beau roman, haletant, prenant, qui laisse des traces.

La mère morte (Blandine de Caunes)

note: 5Vivre la mort - 10 juin 2020

Blandine de Caunes est l’une des filles de l’icône féministe Benoîte Groult. Quand cette mère, célèbre pour son intelligence vive et érudite, son indépendance farouche, sa liberté de penser, de parler et d’agir, est atteinte de la maladie d’Alzheimer, les premiers signes sont difficiles à accepter pour Benoîte elle-même et pour son entourage. Les mois passent et cette mère très aimée décline, se trouvant peu à peu dans une totale dépendance, ce dont elle se plaint dans ses instants de lucidité. Le moment va bientôt venir pour ses deux filles très complices de prendre une décision difficile. Mais alors même que Blandine de Caunes envisage avec douleur la fin de vie de sa mère, un cauchemar s’abat sur elle : la mort accidentelle de sa fille unique, son seul enfant, qui lui reprochait parfois de s’occuper davantage de sa mère que de sa fille… Comment faire face à ce double deuil, à la disparition du mot « maman » de son vocabulaire actif ? Récit d’une vie mi-dorée mi-amère, évocation sans tabou de la vieillesse et de la perte d’indépendance, ce livre réussit l’exploit d’évoquer des sujets tragiques sans être totalement déprimant, grâce sans doute à l’énergie puissante et au goût de la vie qui caractérisent cette lignée de femmes.

Les soeurs Mitford enquêtent
L'assassin du train (Jessica Fellowes)

note: 5A cup of tea ? - 10 juin 2020

Dans l’Angleterre des années 1920, Louisa est une jeune femme pauvre que son oncle s’apprête à prostituer. Parvenant à échapper à son emprise, elle va réussir à se faire embaucher comme bonne d’enfants chez un pair du royaume, au sein de l’aristocratie, plus précisément la famille Mitford. Mais dans l’intervalle, elle va être indirectement concernée par un meurtre perpétré dans un train, ce qui va lui donner l’occasion de faire la connaissance d’un policier qu’elle aurait bien plaisir à revoir, et réciproquement… Justement, l’aînée des sœurs Mitford s’intéresse de très près à l’affaire, mais aussi au passé trouble de Louisa…
Jessica Fellowes est la nièce de Julian Fellowes, l’auteur de la série Downtown Abbey et de romans qui décrivent l’aristocratie britannique, et cela se sent ! Délicieusement british, cette série s’autorise à mettre en scène les célèbres sœurs Mitford, mêlant ainsi une trame policière, une évocation de la société britannique des années 1920, et ce charme très particulier des intrigues propres aux grandes maisons aristocratiques, impliquant à fois la vie les domestiques et celle de leurs employeurs. Une lecture policière très divertissante !

Les filles d'Ennismore (Patricia Falvey)

note: 4Romance irlandaise - 10 juin 2020

Irlande, début du 20è siècle. Victoria, fille d’un châtelain, a réussi à obtenir que Rosie, fille d’un métayer, partage ses jeux et son éducation. Mais au moment de l’ « entrée dans le monde », chacune retrouve la place que lui autorise la société et leur amitié n’y résiste pas. Néanmoins, elles ont été toutes deux irrémédiablement marquées par la rencontre avec l’autre, et elles vont à leur manière rompre avec leur milieu : rapprochement avec les Indépendantistes, journalisme, soin des malades et des blessés nécessiteux… Tous les ingrédients sont réunis : un contexte historique tourmenté (premiers combats indépendantistes des Irlandais), la lutte des classes, des morts dans le naufrage du Titanic, des amitiés et des amours contrariées mais qui triomphent de l’adversité, deux personnages féminins forts voire un soupçon de féminisme… C’est un peu prévisible parfois, mais le livre est plutôt bien écrit, sans longueur ni prétention excessive, ce qui en fait un roman agréable à lire, et un rappel intéressant sur l’histoire de l’Irlande.

État de nature (Jean-Baptiste de Froment)

note: 5Une lecture rapide, grinçante et savoureuse. Marie - 11 mai 2020

Fable politique, roman politique d’anticipation…. Plusieurs possibilités s’offrent à nous pour présenter ce court roman écrit par un ancien conseiller d’un président de la République, plus d’un an avant les événements sociaux qu’a connu notre pays.
Dans ce Royaume de France dont « la Vieille » termine son troisième septennat, les ficelles du pouvoir sont détenues par le Commandeur. Maître absolu dans la manipulation et la pratique du pouvoir, il a pourtant mal évalué les conséquences liées à la propulsion puis au retrait rapide et injustifié de cette jeune préfète du département le plus endormi du pays qu’est La Douvre.
On sourit, on rit mais nos dents grincent. Chacun peut retrouver dans cette galerie de personnages des personnalités connues, mais ce qui en ressort peut-être e plus, ce sont les arcanes du pouvoir, ses limites mais aussi sa force lorsqu’il s’agit de le mettre dans les mains du plus grand nombre.

Par le feu (Will Hill)

note: 5Histoire d'une reconstruction... Victoria, MMC - 21 avril 2020

"Par le feu" est un véritable livre coup de poing dans lequel Moonbeam, une jeune fille de 17 ans, va nous raconter sa vie passée dans une secte après qu'un incendie ait tout ravagé.
La construction du récit est bien menée, l'histoire haletante...difficile de lâcher l'histoire dans ces conditions ! Le côté combattif de l'héroïne la rend particulièrement attachante. Partagée entre l'envie de s'en sortir et les réflexes qu'on lui a inculqué, c'est à travers ses séances de psychothérapie que l'on va découvrir les évènements qui ont précipité la chute de ce groupe...
Inspiré de faits réels (le démantèlement de la secte de Waco dans les années 1990), le roman livre une histoire glaçante, intense, et met en lumière les effets d'une emprise psychologique sur le long terme. A lire !

Briser le silence (Murielle Bolle)

note: 3Touchant et sinistre Céline - 1 mars 2020

Un récit que je trouve à la fois touchant et scandaleux.
D'un coté, quand on lit le récit de cette femme qui a vécu toute sa vie dans l'ombre de cette sinistre affaire, on ne peut pas rester insensible, on éprouve forcément de la compassion à son égard.
Mais en même temps, on sent que ce livre n'est pas là pour apporter une nouvelle vision de l'affaire mais uniquement pour innocenter Murielle Bolle de tout ce qu'on pourrait lui reprocher. Et là est le problème, car elle-même "surfe" sur la médiatisation de cette affaire en sortant ce livre.
Donc je suis assez mitigée sur ce livre car on n'apprend pas vraiment grand chose de plus sur l'affaire, et on assiste à un témoignage mêlant à la fois plainte perpétuelle et disculpation de tous les faits d'une femme qui explique comment la justice française a brisé sa vie, en oubliant presque totalement la mort d'un enfant de 5 ans.

Des hommes justes (Ivan Jablonka)

note: 5Un livre juste - 22 février 2020

Quand on est un homme, comment être ou devenir "un mec bien" ? C'est la question qui sous-tend cette analyse percutante des inégalités de genre qui portent préjudice aux femmes mais aussi aux hommes, enfermés dans un système patriarcal. Yvan Jablonka conduit une réflexion profonde et originale, très documentée, et propose des pistes conceptuelles aussi bien que concrètes pour "inventer de nouvelles masculinités". Un livre puissant, marquant, extrêmement rigoureux mais très touchant aussi, habité par le questionnement personnel de son auteur.

Panthéon discount (Stéphan Castang)

note: 5Humour noir et lendemains désenchantés - 21 février 2020

Un court-métrage extrêmement bien conçu, qui nous fait rire - attention, humour très noir ! - tout en critiquant fortement notre société. 15 minutes intenses qui donnent le vertige, mettent mal à l'aise, nous asticotent. Imaginez le monde de demain, géré par des logiciels et des machines, où notre cerveau est comme un disque dur dont les données sont la richesse. Et vous, quels souvenirs accepteriez-vous d'effacer pour financer un projet ?

50 cents (Thomas Carreras)

note: 550 cents Thibo - 8 février 2020

ce livre est trop bien!!!! j'adore

Sorcières (Mona Chollet)

note: 5Tremblez, les sorcières sont de retour ! Victoria, MMC - 31 janvier 2020

Mona Chollet, journaliste au Monde diplomatique, signe un texte féministe qui arrive à point nommé après l'éclatement de l'affaire Weinstein et les vagues du mouvement #MeToo !

Contrairement à ce que laisse penser le titre, si l'autrice revient un peu sur la figure de la sorcière, elle présente surtout des profils féminins qui "dérangent" dans la société actuelle : femme volontairement célibataire, vieillissante ou qui ne souhaite pas avoir d'enfants...

Fourmillant de références, "Sorcières" se lit presque comme un roman, donne à réfléchir et prône la liberté d'être soi-même.